Un bébé, c'est (du moins jusqu'à ses 18ans) : des couches à changer, des lessives de "body", des tétés (ou biberons, pas d'intégrisme), des pyjamas à changer, des lessives, des régurgitations, des lessives (pour laver les régurgitations...), un sourire...
Là, le temps semble s'arrêter. Vous vous dites "ça y est, il m'a souri" ! Mais pas de faux espoir, il vient simplement de remplir à nouveau sa couche...
Ce matin, on a fait piquer Grégoire. Non non, pas de panique, on le garde ! C'est simplement la prise de sang classique pour détecter cinq ou six maladies rares mais "très bien prises en charge" si elles sont détectées tôt. Grégoire a été piqué à la main (François avait été piqué au pied, ils ne trouvaient pas les veines). Le bonhomme a l'air de s'en être bien remis. Il commence même à reprendre du poids.
Ingrid est devenue adepte des pommes. Pas tellement comme aliment, mais plutôt comme lieu de chute. C'est le problème des césariennes. Tout le monde vous dit "c'est pourtant facile, on t'anesthésie, on ouvre le ventre, alors tu sens rien pendant l'accouchement. Alors que par voie basse, là tu dégustes...".
Le problème, c'est pas tellement le "pendant", c'est plutôt le "après", quand le bas de votre ventre est transformé en filiale des Réseaux Ferrés de France et que la douleur vous empêche de vous lever. Vous savez que vous n'avez que deux jours pour vous en remettre avant d'affronter la montée de lait !
Petit résumé des épisodes précédent
En quelques mots, nous sommes arrivés lundi soir à l'accueil de la Croix Rousse pour l'admission d'Ingrid. Arrivé dans le service de maternité, plus de chambre de disponible ! Pour mémoire, on était là parce qu'on avait été convoqué et pas parce qu'on ne savait pas quoi faire lundi soir (ben oui, c'était la demi finale de top chef). Des urgences de dernière minute avaient rempli les chambres vacantes...
Gentiment, les sages femmes ont proposé de mettre un drap sur un lit de manière à pouvoir faire le monitoring de surveillance sans que l'on ne "contamine" trop la chambre, en attendant qu'on nous trouve un point de chute.On a bien proposé de rentrer à la maison et de revenir le lendemain, mais refus catégorique.
Le repas arrive (un beau bouillon, des quenelles cuites quelques siècles plus tôt et un beau yaourt) mais il faut changer de chambre.
On nous envoie au service gynécologie qui avait un lit de libre. On y va tranquillement (après avoir râlé pas mal, on ne contrarie pas une femme enceinte), suivi du plateau repas, pour aboutir dans une grande chambre.
Après une petite discussion avec le personnel du service d'accueil, nous apprenons qu'il n'est pas possible d'avoir la télé (il est trop tard), pas possible de savoir à quelle heure la césarienne est prévue, ni qui opèrera (ce n'est pas le même service). Le repas, lui, refroidi tranquillement.
Il est presque 19h, on se demande ce que l'on fait là, à être baladés d'un coin à l'autre sans savoir à quelle sauce on (enfin Ingrid) allait être mangés.
Alors résultat, on s'en va.
De toute façon, il fallait aller chercher la carte de groupe sanguin d'Ingrid qui manquait au dossier.
On passe à la maison, on fait un bisou à François et à Séverine qui a la gentillesse de nous le garder ce soir là, et hop, on file au resto (en laissant François en pleurs sur les bras de Séverine).
Notre choix se porte sur l'Esquis, un resto de cuisine "moléculaire" conseillé par le petit paumé (et ouvert le lundi soir...). La cuisine est excellente et inventive, tout est délicieux. Vers le troisième plat, le téléphone sonne. C'est l'hôpital : "vous savez où est passé Mme Louret ?" Ben oui, elle est au pied des pentes de la Croix Rousse, au restaurant. "Parce que vous comprenez, s'il arrive quelque chose, elle est sous notre responsabilité". Nous, on demandait qu'à signer une décharge, on leur avait même proposé de repasser plus tard le temps qu'ils résolvent leur problème de chambre...
Finalement, ces aventures nous auront permis d'aller dans un chouette restaurant qu'on aurait sans doute pas testé de si tôt sans ça.
Enfin, à 22h, Ingrid est rentrée à l'hôpital, tout le monde est rassuré, et on parvient même à savoir le nom du chirurgien qui va faire la césarienne le lendemain. Dodo général.
Le lendemain, tout le monde est sur le pont à 7h. L'opération est prévue vers 8h30. Las, une urgence repousse l'intervention. Vers 10h, on part en direction du bloc. Discussion avec le personnel sur place, avec l'anesthésiste, les sages femmes et hop, Ingrid est sur le point de rentrer dans le bloc quand tout le monde se met à courir de partout. C'est "Urgences" mais en vrai. Un "code rouge" comme ils disent. Une patiente venue en consultation qui doit être accouchée en urgence absolue. Moins de 7 min passent entre le moment où on voit le brancard entrer dans le bloc, patiente consciente, et le moment où deux personnes en ressortent rapidement, un nouveau-né dans les bras.
Ça jette un froid et, égoïstement, on est heureux de ne pas être à la place de cette pauvre femme.
Il faut attendre que le bloc soit de nouveau opérationnel (patiente recousue, bloc nettoyé) et c'est à nous ! Ingrid disparait derrière la porte vitrée, Sylvain attend dans la salle d'attente (et oui, c'est pour ça que ça s'appelle comme ça), et 40 min plus tard, il part retrouver un petit Grégoire sous les lampes chauffantes.
Trois quart d'heure supplémentaire et nous sommes tous les trois en salle de réveil à regarder ce petit bonhomme tout neuf (mois) qui nous rappelle vaguement quelqu'un, trois ans plus tôt.
Et le personnel, qui doit composer avec les humeurs des patients (dont nous), les urgences, et les pénuries de lits, s'est montré agréable et attentionné.
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| Photo de groupe unique ! Papi Alain, les deux mamies, les géniteurs et leur progéniture ! |



Quelle aventure ! Digne d'un grand roman !
RépondreSupprimerCela fera une anecdote à raconter à Grégoire quand il sera grand.
En attendant, François semble prendre son rôle de grand frère au sérieux : il veille !
Courage à Ingrid pour "l'après" césarienne, et à Sylvain pour les lessives et les couches : et oui répartition équitable des tâches.
Bisous à vous 4.
MT JP et Sonia
que d' émotions, joies ,d amours de faire la connaissance du beau GRègoire et d'embrasser aussi notre fille,et le bonheur de voir françois éclatant de joies devant ce tableau de famille bisous calins a vous 4 maman papa
RépondreSupprimerQuelle belle photo de famille !
RépondreSupprimerLa venue de Grégoire a tout d'un parcours du combattant avec tous ces rebondissments. Encore un peu (beaucoup) de patience pour la cicatrice et la montée de lait ...
Courage !
Bisous à vous quatre !
belle photos et belles explications !!!
RépondreSupprimergrégoire est magnifique courage ingrid!!!
(françois aussi, evidemment)
bisous a bous 4 titi
Merci beaucoup pour ce récit pétillant et décapant !
RépondreSupprimerEt je confirme, j'ai fait Eskis par 2 fois et c'est bien mieux que la cantine de n'importe quel lieu public !!!
Gros bisous à vous 4 et bon rétablissement à toi Ingrid.